Depuis quand planter sa boite doit rendre fier ?

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N’importe quel gourou du monde 2.0 vous le dira : échouer n’est pas une tare, c’est une chance, une occasion d’apprendre et donc de s’améliorer. On reconnait dans cette idée un dérivé de la psychologie positive officiellement reconnue par Martin E. P. Seligman en 1998. Jusque là ça nous va chez WeeM : récompenser plutôt que de punir, voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Mais voilà, certains ont l’air d’abuser de ce positivisme !

La banqueroute : la honte suprême

Pour les plus littéraires, remémorez-vous Le Comte de Monte Cristo ! La faillite est omniprésente dans le roman de Dumas. Elle est évitée de justesse à la famille Morrel dont le père est armateur. À quelques minutes près, Morrel Père prévoyait de se suicider pour laver la honte de sa famille avant d’apprendre in extremis le cadeau d’un nouveau navire qui effaça ses dettes. De l’autre côté la banqueroute est provoquée à la banque Danglars par vengeance et comme les plus violentes représailles qui soit. Voici la preuve que la perception de la faillite a bien évolué. Des réformes ont permis de protéger les entrepreneurs de la liquidation. C’est ce qui explique aujourd’hui le chiffre de 9 start-up sur 10 qui mettent la clé sous la porte sans que ce soit le drame d’une vie.

Planter sa startup : un must have

Loin de nous l’idée d’être nostalgique d’une période où un échec entrepreunarial poussait au suicide. Mais comprenez que nous restions perplexes quand une nouvelle génération d’entrepreneurs décide de surfer sur leur échec comme une opportunité de mise en avant. Que ce soit Maxime Blondel qui raconte comment il a « planté sa 1ère start-up » ou Damien Morin qui annonce le redressement judiciaire de Save, le storytelling est savamment orchestré au point de nous donner envie de faire faillite à notre tour ! Yannick Robert, fondateur de startups, a même écrit un livre nommé « Comment j’ai planté ma start-up« . Sous couvert de partage d’expérience, l’échec est banalisé voir même recommandé.

La valeur de l’échec est dans son refus

Chez WeeM nous n’avons pas peur de l’échec mais faisons tout pour l’éviter. Nous ne le banalisons pas pour garder tout ce qu’il a d’important à nous apprendre. Imaginez qu’on vous dise à votre première rupture douloureuse « haut les coeurs ! Tout le monde a une rupture difficile, c’est que comme cela que tu peux construire une relation plus profonde à l’avenir … ». Ca serait gonflé, non ? Et surtout, c’est parce que vous ne réfléchissez pas de cette manière que vous apprenez des défauts de votre relation précédente. Et puis les couples qui se sont rencontrés au collège, sans rupture, ça existe aussi !

Alors, plutôt que de philosopher sur l’échec au risque de le dénaturer, nous visons la réussite et nous sommes prêts à en découdre avec nos déboires quand ils se présenteront, humblement et sans plan de communication.